S’engager sans se cramer

Avec Lidy de La Petite Fourmilière

 

Quand on est engagé, qu’on rêve d’améliorer les choses pour sa famille, ses proches, sa commune ou la planète (oui, rien que ça !!!), à force de penser comme ça à tout le monde, à dire oui avec enthousiasme à tous les projets qui se présentent, on a tendance… à s’oublier soi.

Tu connais cette situation : tu t’éclates dans ce que tu fais, ça a du sens, de l’impact, et pourtant tu n’en peux plus, tu (t’)es cramé.e : tu as oublié de prendre soin de toi en cours de route. J’étais (et je suis encore régulièrement, mais moins longtemps et moins souvent qu’avant) dans cette situation.

Il y a une citation que j’aime beaucoup, de Marie-José Sibille dans son livre Le Jeûne, une thérapie des émotions ?, qui m’aide à relativiser tous ces « il faut » qui se bousculent dans ma tête :

Alors quand j’en arrive au stade où je me dis : « C’est pas vrai, j’ai pas quitté un job et un patron abusifs pour m’esclavagiser moi-même !!! », je me pose, je prends un peu de recul, et je repense aux leçons que j’ai retirées de l’accompagnement de Lidy de La Petite Fourmilière, qui m’a aidée à développer mon projet écoresponsable l’année dernière.

Cet accompagnement incroyable et intense, je t’en parlerai plus en détails dans le prochain article. En attendant, je te propose de lire les conseils phares de Lidy, qu’elle m’a résumés lors d’un long entretien le mois dernier.

(Tu ne connais pas Lidy et La Petite Fourmilière ? RDV dans l’article précédent pour mieux la découvrir, elle et ses multiples projets !)

 


Entretien

 

Lilou : Hello Lidy ! Tu parles souvent de prendre le temps, de faire les choses correctement quand on développe un projet, est-ce que tu pourrais donner un ou deux conseils à quelqu’un qui est porteur d’un projet engagé, par exemple un projet écologique, et qui se sent complètement débordé.e, qui se demande comment il.elle va faire, comment prioriser ? Comment tu fais pour gérer l’équilibre entre l’engagement et se respecter soi ?

Lidy Zulke-Trokhatcheff : L’idée ce n’est pas forcément d’y aller lentement ou doucement, c’est plutôt de faire les choses simplement. Moi la première, je peux avoir des trucs qui me viennent d’un coup, et en fait il y a moyen de simplifier et de faire beaucoup plus léger. Plus c’est léger, plus c’est facile de faire vivre ton projet.

Je dirais que pour moi, la première chose c’est d’être au clair sur ce qui me fait vibrer, ce qui m’apporte de l’énergie et de la joie, ce qui me rend vivant, ce que je kiffe ! C’est vraiment la première priorité, parce que ça peut aller vite de se faire embarquer dans des « il faut », « je dois », ou d’écouter les autres qui ont peut-être des croyances limitantes sur l’entrepreneuriat, du type : « Quand on est entrepreneur.e, forcément il faut beaucoup travailler », « Quand on est entrepreneur.e, on n’a pas le choix de rester branché.e à ses mails ou son téléphone quand on part en vacances »…

Il peut y avoir énormément de croyance limitantes autour de la gestion de projet.

C’est pour ça qu’il faut être au clair sur « pourquoi je fais ça, qu’est-ce que j’ai envie de vivre dans ma vie ? Pourquoi je suis en vie, pourquoi je fais cette expérience-là ? »

Ensuite, il faut se demander qui j’ai profondément envie d’aider. Je te fais un petit clin d’œil, je l’ai dit, dit et rabâché, on ne peut pas aider les 7 milliards de personnes qui sont sur Terre toutes en même temps, donc quitte à ne pas pouvoir aider tout le monde, qui est-ce que je CHOISIS d’aider ?

Moi, je conseille vraiment de choisir d’aider les personnes avec qui j’ai du plaisir à travailler, ça parait con mais c’est important ; les personnes que j’aide le plus facilement possible. Il y a des personnes pour qui je vois clairement que je ne peux pas les aider, ou alors je vais y mettre une énergie de dingue pour des résultats moyens, alors qu’il y a d’autres personnes avec qui c’est fluide, léger, ça avance, ça roule.

Il y aura d’autres gens pour aider les personnes que je ne peux pas aider facilement.

Troisième chose, je rejoins ce que je disais tout à l’heure, faire simple.

 

L : en gros, à vouloir jouer les Superman, on n’aide personne ?

LZ-T : C’est sûr ! Et c’est fondamental. Il peut y avoir dans notre culture judéo-chrétienne, ou dans la culture familiale dans laquelle on a grandi, cette espèce de truc selon lequel il faut souffrir pour contribuer, il faut se faire du mal pour faire du bien autour de soi.

Ce n’est pas forcément conscient, chez moi c’était même très très enfoui, il m’a fallu du temps pour le réaliser. 

Un truc de l’ordre de « Si c’est facile, c’est qu’il y a un bug. Si c’est trop facile, c’est que tu ne fous rien, que tu es fainéant.e… »

Alors que quand tu es heureux, que tu prends soin de toi, c’est plus facile de contribuer, et c’est plus agréable pour les autres aussi.

C’est plus agréable d’avoir autour de moi des gens qui sont heureux, qui sont bien, qui prennent soin de leurs besoins, qui arrivent à poser des tarifs qui sont justes pour eux, des limites justes pour eux, plutôt que quelqu’un qui va te dire oui à tout, mais peut-être à contrecœur, et franchement tu vas le sentir.

En tout cas c’est comme ça que je le vis ! Je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit, par contre ce que je dis c’est que pour les personnes qui ont envie d’aller dans cette direction, c’est possible, et on peut voir ensemble comment faire si ça les intéresse.

 


Trois étapes

 

J’aime beaucoup cette approche simple, cette idée de légèreté dans la mise en action d’un projet engagé, avec ce petit pense-bête en 3 étapes à se rappeler quand on met un peu trop le turbo :

  • Le pourquoi : « Pourquoi je fais ça, qu’est-ce qui me fait vibrer ? »
  • Le qui : savoir qui on choisit d’aider, et qui on ne peut / veut pas aider
  • Le comment :  en faisant simple ! On n’aide personne si on est soi-même en souffrance, ou submergé.e par trop de choses.

Est-ce que ça te parle ? Et toi, comment fais-tu pour calmer le jeu quand tout s’emballe ?

 


POUR FINIR

Retrouve toutes les pépites de Lidy pour vivre sereinement son projet engagé sur le blog de La Petite Fourmilière, que j’ai le plaisir d’illustrer régulièrement !

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