Lidy et La Petite Fourmilière

S’engager pour les personnes engagées

 

Lidy et La Petite Fourmilière, ça pourrait être le titre d’un super livre avec une fille qui partirait dans de grandes aventures au milieu de la forêt, des aventures forcément un peu magiques, qui vont la faire grandir et lui apprendre plein de choses sur la vie (avec des vraies valeurs et des grands sentiments bien sûr 😉 )

Ce n’est pas de ça qu’il s’agit, et pourtant.

Tu connais peut-être déjà Lidy, notamment si tu lis mon blog, parce que je t’ai déjà partagé un de ses articles, Et si on écoutait l’énergie des saisons pour s’organiser ?

Il y a trois ans, elle a monté La Petite Fourmilière, pour accompagner des projets engagés et les aider à mieux se développer. Si au départ, son objectif était de proposer uniquement de l’accompagnement à la coopération aux entreprises et autres structures, elle propose maintenant également des accompagnements individuels ou en groupes à des femmes entrepreneures, qu’elle caractérise ainsi :

« J’accompagne des femmes entrepreneures qui veulent aider les autres, qui ont une grosse fibre écolo, une tendance naturelle à tout donner, et qui ont envie d’apprendre à se faire de la place aussi dans leurs vies, à penser à elles aussi tout en aidant les autres. »

Cette problématique touche particulièrement Lidy : maman de deux enfants de 4 et bientôt 7 ans, elle est aussi, en plus de La Petite Fourmilière, très impliquée dans des projets locaux à Captieux, dans les Landes, où elle est installée avec sa famille depuis deux ans.

Des projets respectueux de la planète et porteurs d’un nouveau modèle social, que ce soit le projet d’école alternative où sont inscrits ses enfants, ou celui de la création d’un tiers-lieu avec co-working, fab lab et collège, rien que ça !

Pour réussir à te décrire Lidy et ses multiples facettes de multipotentielle qui s’assume, il me fallait bien un portrait chinois. C’est parti !

 


Si j’étais une grande personne, je serais… engagée !

 

Petite, Lidy voulait sauver le monde, c’est comme ça qu’elle le formulait. Alors en grandissant, elle n’a jamais rien fait qui ne soit pas engagé. Impossible de mettre son énergie dans quelque chose qui ne fait pas sens pour elle, qui ne va pas dans ce qu’elle pense être le bon sens.

Ce profil de Zorro allié à son profil de multipotentielle lui a joué des tours au début de sa vie professionnelle : 

« Je me sens tellement proche des personnes engagées, qui donnent tout, parce que ça a été mon cas pendant longtemps, je me suis vraiment cramée, j’ai eu des grosses périodes de suractivité où je me suis vraiment fait du mal.

Maintenant, je ne veux plus gaspiller mon énergie, je ne veux pas gaspiller mon temps de vie et c’est quelque chose de très clair pour moi. Je vois que je kiffe beaucoup plus, que j’ai beaucoup plus d’énergie à accompagner des gens qui sont dans une situation que moi-même j’ai vécue, ça a du sens.

Je me dis que c’est précieux, on a des gens qui ont vraiment cet élan de contribution très fort, et j’ai vraiment envie de les soutenir.

Sinon je perds mon temps ! »

Comme tout Zorro qui se respecte, au départ, Lidy voulait aider tout le monde.

Elle s’est vite rendu compte que ça ne fonctionnait pas, et peu après la création de La Petite Fourmilière, elle a dû se poser pour s’interroger sur ce qui faisait sens pour elle : accompagner des équipes en les aidant à mieux coopérer, oui, mais pas pour n’importe quel projet ! Elle a dû réaxer ce qu’elle appelle sa « boussole intérieure », et c’est à ce moment-là qu’elle s’est tournée uniquement vers des projets, entreprises ou personnes engagé.e.s.

Pour Lidy, l’engagement peut prendre de multiples formes, il est à la fois écologique et social, avec l’intention bien affirmée d’aller vers quelque chose de plus sain, un monde plus juste pour tout le vivant, y compris nous.

 


Si j’étais un animal, je serais…

 

Lidy me répond :

« Un oiseau, qui vole très haut, très lentement ou très vite. Parce que j’aime ma liberté, et que j’aime prendre de la hauteur pour voir le monde autrement. »

Très lent ou très vite, c’est assumer qu’on peut avoir des variations de rythme, qu’on ne peut et ne doit pas être toujours à 100 à l’heure. Facile à dire, mais comment fait-elle, avec les multiples projets auxquels elle participe ?

Elle m’explique : 

« C’est pas toujours facile, je ne vais pas brosser une image dorée. Mais maintenant, c’est très clair pour moi que je ne peux plus me retrouver en zone rouge ou écarlate, mon corps ne me l’autorise plus. Depuis les grosses suractivités et le burnout que j’ai eu, mon corps a des fusibles hyper sensibles : dès que je me retrouve en zone rouge un peu trop longtemps, mon corps m’arrête. Au début c’était un peu difficile à digérer, et puis avec le temps j’ai appris à écouter les messages que mon corps m’envoie, pour ajuster.

Ce n’est pas toujours facile, parce que les projets, je ne les porte pas toute seule, mais en communiquant bien, en étant au clair avec ce qu’il se passe en moi, sur ce que je viens faire dans ces projets, c’est plus facile pour moi d’expliquer où et jusqu’où je peux contribuer, à quel moment j’y vais, et à quel moment je n’y vais pas. »

 


Si elle était un animal, elle serait…

 

Elle se voit comme un oiseau, moi, je la vois aussi comme une abeille, qui butine de projets en projets en apportant sa part, en prenant sa juste place, dans le respect de ses rythmes dont elle parlait à l’instant.

Actuellement, elle « butine » sur deux gros projets à Captieux.

Le premier est l’école alternative La Chrysalide, une école qui a donné envie à sa famille de quitter Bordeaux et de s’installer à Captieux pour que les enfants puissent s’y inscrire.

C’est une école avec des petits effectifs, une vingtaine d’enfants en tout, de 3 à 10-11 ans. L’enseignante et l’équipe pédagogique sont très créatives, elles arrivent à utiliser différentes méthodes, dont Montessori mais pas seulement. La pédagogie est centrée sur la coopération entre les enfants, sur l’accueil des émotions et sur le respect de l’environnement.

Du coup, les enfants de Lidy ont sacrément changé d’environnement scolaire ! Ils sont très souvent dehors, dans la terre et la gadoue. Finis les collants et petites chaussures pour sa fille, c’est plutôt bottes et pantalons six mois de l’année !

Lidy adore ce projet : 

« L’école a 4 ans, elle fonctionne bien, le modèle économique et de gouvernance entre nous est plutôt sain et inspirant.

A la rentrée prochaine on prévoit de l’agrandir un petit peu pour avoir un espace séparé pour les petits et pour les grands, pour respecter le rythme de chacun, notamment les siestes des plus petits.

On a la chance d’être accueillis au sein d’une ferme bio, on est tout de suite tombés amoureux de cette école. »

Le deuxième projet, lui, est encore en phase de développement : l’équipe qui s’en occupe et dont fait partie Lidy, notamment composée de personnes aussi impliquées dans La Chrysalide, est en train de créer un tiers-lieu. L’idée est de pouvoir ouvrir un collège alternatif dans la continuité de l’école, et de créer de la vie autour de ce collège, avec un modèle économique viable et sain.

Ils prévoient notamment un espace de coworking, un café associatif, un fablab, et peut-être d’autres choses ensuite, ce qui est vraiment chouette parce que ça permet d’apporter de la vie à cette petite ville :

« Pour un territoire rural comme Captieux, c’est intéressant de se dire qu’avec des projets comme ça, on ramène du sang neuf. Rien qu’à l’école, la moitié des parents viennent de Bordeaux. On est une petite équipe qui déborde d’énergie et d’idées pour faire des choses intéressantes. J’imagine qu’après le tiers-lieu on trouvera autre chose ! »

 


Si j’étais une machine, je serais…

Elle me répond :

« Ma bouilloire à poser sur le feu…
Parce qu’elle est tellement simple et efficace ! »

Cette notion de simplicité (elle parle aussi de légèreté et d’agilité) est quelque chose de très important pour elle, et qu’elle conseille à toutes les personnes multipotentielles qu’elle accompagne.

C’est aussi comme ça qu’elle envisage son action au sein de ses divers projets. Pour le tiers-lieu par exemple, l’équipe a choisi une mise en œuvre agile, en commençant par exemple par la création du coworking, qui est le plus léger à impulser. Le reste viendra.

Lidy me dit :

« Je suis très sensible au fait d’y aller pas à pas, pour que ça reste digeste et qu’on ne s’épuise pas en lançant de suite une grosse machine de guerre. »

 


POUR FINIR

La semaine prochaine, on approfondira cette notion de simplicité et de légèreté, grâce à une interview de Lidy qui nous livrera ses conseils pour bien développer son activité entrepreneuriale engagée !

En attendant, je t’invite à aller découvrir le site et le blog de La Petite Fourmilière, qui regorgent de  pépites !

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