Rénover un bateau en mode écolo

Je teste la slow déco et le DIY !

 

Ça fait un moment que je me dis que le jour où je devrais faire des travaux (donc le jour où mon chéri et moi on sera des grands qui achèteront notre logement), je voudrais le faire en respectant l’environnement, que ce soit dans le choix des matériaux ou dans le fait de réutiliser un max plutôt que d’acheter neuf.

Et bien voilà, ça y est ! Je suis une grande ! Nous sommes en pleine rénovation de notre futur logement. C’est parti pour un petit récit des trouvailles et des galères pour essayer de respecter mon engagement écolo pendant les travaux…


Bateau, sur l’eau…

On a sauté le pas, et on a acheté notre futur chez-nous en début d’année : un bateau de 28m2 amarré au port de Bordeaux.

Pourquoi un bateau ? Ben, parce qu’avec le réchauffement climatique et la montée des océans, quand tous les propriétaires terriens seront sous l’eau, nous, on flottera ! Je plaisante, on ne l’a pas acheté pour ça (mais depuis que j’y ai pensé, j’ai l’impression d’être la plus maline de la terre… pardon, de la mer).

Non, en fait, on cherchait simplement un logement atypique, et surtout, une petite surface, mais qui ne soit pas un appart. On voulait notre indépendance, marre de partager nos murs avec nos voisins. Mais voilà, une maison de 30 m2… ça n’existe pas ! Ou en tout cas, on n’a pas trouvé. On a bien pensé à la tiny house qui me fait fantasmer depuis plusieurs années (je pense que j’ai visionné toooooutes les vidéos YouTube sur le sujet).

Mais pour l’instant, entre la superficie vraiment très petite (en général, entre 15 et 21m2 pour une tiny house française) et les difficultés qu’il peut y avoir, en fonction des mairies, à l’installer sur un terrain, on n’était pas prêts à passer le cap. On en reparlera dans 10 ans.

Alors quand on a eu cette opportunité d’acheter un bateau (option qu’on n’avait jamais imaginée jusque là), on a foncé !

 


Nouveau look pour une nouvelle vie

 

Nous voilà donc en plein dans les travaux pour lui donner un coup de frais et le rendre plus fonctionnel. Il date de 1988, et il a un look bien vintage de camping-car des années 80. C’est fun pour un weekend, mais pour en faire notre cocon, nettement moins !

La preuve en images :

Du coup, nous allons :

  • Refaire les meubles de la cuisine et des deux salles d’eau
  • Changer les vasques, les robinets
  • Repeindre ou recouvrir les murs
  • Refaire le sol
  • Rejointer toutes les fenêtres
  • Changer les rideaux et les tissus des banquettes

Ah ouais, quand même ! Les seules choses qu’on ne fait pas nous-mêmes, c’est la réparation du toit (qu’on laisse à un expert en bateau), et la plomberie et l’électricité (je ne veux pas mourir, ni faire exploser ou noyer mon bateau).

Tout le reste, menus travaux, menuiserie, peintures, couture, déco, on s’y est mis !

En essayant au maximum de respecter notre envie de slow déco et travaux écolos.

Avant de nous lancer, j’ai notamment dévoré le site My Green Cocoon, et son guide à télécharger qui regorge de pistes.

L’objectif était double : ne pas polluer plus que nécessaire, et aussi, vivre dans des matériaux sains pour nous. Il faut dire que le bateau est en polyester (chic, plusieurs tonnes de plastique !) pour la coque et les parties moulées (comme le « carré », terme qui désigne la pièce à vivre), beaucoup de contreplaqué, un peu de PVC, pas beaucoup de bois massif (la structure du plancher uniquement). Donc ça ne peut pas faire de mal d’assainir un peu tout ça en ajoutant quelques matériaux plus nobles.

Voilà les grandes lignes directrices qu’on a essayé de suivre dans la conception et le choix des options :

  • Objectif : sain et durable !
  • On se pose d’abord la question de savoir si c’est indispensable de remplacer ou rénover telle ou telle chose.
  • Si possible, on réutilise ce qui est déjà sur le bateau (si c’est en bon état et dans un matériau pas trop dégueu).
  • S’il faut remplacer quelque chose, on le remplace part un matériau brut, simple et naturel plutôt que la version haute technologie toute industrielle avec plein de noms que je ne comprends pas. Et comme je débarque dans l’univers de la maison et des travaux, il y a beaucoup de choses qui sont obscures pour moi. Donc le choix est limité, et c’est très bien ! Typiquement : « Bois » : moi comprendre. Moi acheter. « Résine de synthèse » : moi pas comprendre. Moi pas acheter.
  • Enfin, on essaie de fabriquer un maximum de choses nous-mêmes, dans la limite de nos compétences et du temps qu’on peut y passer.

Ça, c’était pour la théorie. Tu vas voir qu’en pratique, on a parfois dû adapter un peut tout ça…

 


Objectif Bateau Écolo !

 

  • Les meubles

On a gardé tout ce qu’on a pu, qui était fonctionnel, en bon état et assez joli.

Mais il y avait des choses que je ne pouvais vraiment pas garder, malgré ma conscience écolo : c’était tellement moche que j’en aurais fait des cauchemars si j’avais dû les avoir sous les yeux tous les jours (sans exagérer, ou presque).

Comme, par exemple, les meubles style camping-car pas sexy, en contreplaqué avec un motif faux bois sur la surface. Pour les remplacer, on a décidé de fabriquer des meubles avec du bois, du vrai, du pin de France labellisé. Pour le vernir, on a choisi un vernis avec un Ecolabel, histoire de ne pas polluer notre air avec plein de COV (composés organiques volatils) toxiques.

Le vernis a été hyper facile à trouver, dans le premier magasin de bricolage venu.

Pour le bois, on s’était d’abord adressé à un magasin indépendant, local, qui fait de la pub partout sur Bordeaux en se vantant comme le spécialiste bordelais du bois, qui t’accueille avec le sourire et te donne des super conseils (vraiment, c’est comme ça qu’ils se vendent). Résultat, on s’est limite fait jeter avec nos questions de newbies et nos attentes écolos. Désabusés, on est retournés dans l’hypermarché de bricolage le plus proche, mais là, l’origine et la qualité / label du bois n’étaient franchement pas clairs. Finalement, on est allés chez Fabien Matériaux, au Haillan, où la dame la plus sympa de la Terre t’accueille et te donne toutes les infos qu’il te faut, sans te juger. Il était temps, on commençait sérieusement à douter de la faisabilité de notre projet.

Malgré la petite galère à trouver le bois qu’on cherchait, il faut dire que l’avantage pour les meubles du bateau, c’est qu’on n’a pas été tentés par le choix facile (direction IKEA), tout simplement parce que sur un bateau, rien n’a une taille standard. C’est parti pour le sur-mesure ! 

On est donc revenus à la base de la base : t’achètes une planche, tu la tailles, tu la ponces, tu la vernis, tu la reponces, tu la revernis, tu la rereponces, tu la rerevernis (c’est humide un bateau, il faut bien tout protéger), et enfin, tu montes le meuble.

Bon, comparé au temps que tu y passes, c’est sûr que le meuble IKEA monté avec une seule clé allen, c’est plus simple. Mais tu n’as pas la fierté d’avoir fait un truc toi-même, ni la sensation d’avoir un truc unique, et surtout, un truc solide qui durera 250 ans (sérieux, mon bateau en plastique sera décomposé avant que mon meuble en bois ne s’effondre).

On a bien dit : « Objectif : durable ! »

Voilà le résultat avant-après du meuble de la salle de bains (encore en chantier, mais ça donne déjà une bonne idée) :

Le seul meuble qui viendra de chez les Suédois, c’est le lit de la première cabine. Parce qu’on a besoin d’un lit gigogne, et qu’on ne sait pas faire. Mais on va essayer de réutiliser celui qu’on a déjà chez nous (si on arrive à le démonter, le meuble suédois ayant un nombre de montages-démontages sacrément limité…). Sinon, on en achètera un (on vérifiera qu’on n’en trouve pas d’occasion avant de l’acheter neuf), et dans tous les cas on réutilisera les matelas qu’on a déjà.

 

  • Les murs

Les murs aussi, du point de vue esthétique, c’était à m’arracher les yeux. Du contreplaqué avec une surface motif « nuage de boue » (cf photo ci-dessus, à gauche), je ne vois pas comment le décrire autrement.

Pour les peindre, on a choisi Circouleur, une peinture écologique fabriquée à Bordeaux (plus local, tu meurs !) à partir de peintures recyclées. On a eu une petite surprise avec leur teinte « Eucalyptus », plus vive que ce à quoi on s’attendait, mais très jolie au final. La deuxième teinte qu’on a prise, « Nuage », est parfaite, aucune surprise de ce côté. Pour l’application, ça se fait très facilement, c’est comme de la peinture « classique ». On a aussi utilisé leur sous-couche, on l’a trouvée très bien.

Pour les crédences de la cuisine et des douches, le choix du matériau a été plus complexe. On a pensé à du carrelage, mais le poids final et la pose auraient été problématiques, dû au fait qu’on est sur un bateau. Comme on ne voulait pas de truc composite ou artificiel, difficilement recyclables, on a fait le choix de plaques de zinc, durables et recyclables à l’infini.

 

  • Le sol

Ca a été le choix le plus compliqué. Il fallait changer le lino, vieux et abîmé (et moche, aussi). J’ai envisagé des alternatives en matériau naturel : parquet, carrelage. Le problème, encore une fois, était toujours le poids. En particulier, le plancher est fait de plein de trappes qui permettent d’accéder à la cale, il faut donc pouvoir les soulever sans difficulté, ce qui serait compromis avec ces deux matériaux.

Du coup, j’ai pensé à des choses plus légères, comme du sisal, mais c’est très difficilement nettoyable (et dans un petit habitat, où il y a beaucoup de passage, il faut nettoyer souvent). Et en plus, petit détail de chochotte, ça fait hyper mal aux pieds quand tu marches pieds nus (et j’enlève mes chaussures à l’intérieur).

Au final, on n’a pas trouvé de solution naturelle qui fonctionne aussi bien qu’un bon vieux lino. Pour limiter l’impact, on en a pris un de bonne qualité pour qu’il dure plus longtemps qu’une merdouille premier prix, et avec une sous-couche en feutre, et pas en mousse. Et un modèle imitation parquet de couleur neutre, pour qu’il ne se démode pas.

Si tu as une solution alternative légère, durable et saine, je suis preneuse, pour quand on devra changer le lino dans 10 ou 15 ans !

 

  • La salle de bains et l’évier de cuisine

On remplace les lavabos en résine, tout craquelés, par des vasques en céramique. Pour les robinets, j’avoue qu’on ne s’est pas embêtés à chercher de l’occasion, on voulait être sûrs que ça dure, on a acheté du neuf.

Pour la cuisine, on a rénové l’évier en inox qui était taché et rouillé, et je suis hyper contente, il a l’air comme neuf ! On avait envisagé de le changer, mais au final, on a bien fait d’y renoncer, ça aurait été complètement inutile. Des fois, un peu d’huile de coude, c’est tout ce qu’il faut !!!

 

  • L’électroménager

Comme pour les robinets, on a fait le choix d’acheter neuf, de bonne qualité, pour que ça dure et qu’on n’ait pas de mauvaises surprises. Et aussi parce qu’encore une fois, sur un bateau, on ne peut pas mettre n’importe quel format, à cause de l’espace disponible, et on est donc très limités en choix (et on n’a pas trouvé ce qu’on cherchait sur le marché de l’occasion).

Il n’y a que la machine à café qu’on a achetée d’occasion.

 

  • Les rideaux et les recouvrements de banquettes

J’ai décidé de les coudre moi-même. Je voulais absolument des tissus naturels et bio ou labellisés. Après pas mal de recherches en magasins de tissu, on a trouvé du coton bio pour faire les rideaux et surtout, du tissu d’ameublement en coton bio pour les banquettes, ce qui était le plus difficile.

Il reste encore la question des œillets pour les rideaux, vendus en paquet plastique avec l’outil pour les installer. Comme il va nous falloir plusieurs paquets, on va avoir plusieurs outils, je trouve que c’est du gâchis. Mais j’ai peut-être une solution, je mettrai l’article à jour si elle est positive !

 

  • Les spécificités d’un bateau : les joints

Enfin, dans les « galères » qu’on a eues, il y a les choses vraiment spécifiques à un bateau, comme l’isolation. Il faut refaire les joints de toutes les fenêtres (22 fenêtres !!!! On se croirait presque à la Galerie des Glaces… enfin, si la Galerie des Glaces faisait 28m2), et on est en milieu hyper humide, il nous faut un truc qui tienne le coup. On a acheté du mastic pour joints extérieurs classiques, parce qu’on ne savait pas du tout ce qu’on pourrait mettre comme alternative. Là, on a totalement séché (et le fait qu’on ne s’y connaisse pas encore bien en bateau nous a poussé à jouer la prudence).

Encore une fois, si tu as une alternative, je suis preneuse ! 

 


On nous mène en bateau ?

 

Au final, le bilan est honnêtement plus mitigé que ce que j’espérais au début. Même si on a fait beaucoup d’efforts pour trouver des alternatives, et que pour certaines parties des travaux, on en a effectivement trouvé, je trouve qu’il y a quand même pas mal d’aspects sur lesquels on s’est rabattus sur des options « classiques ».

A qui la faute ?

  • Certainement un peu à nous : on est totalement débutants en travaux ET en bateau, on partait donc de loin, tout était nouveau, rien n’était évident.
  • Sûrement aussi au manque de temps : pour des raisons financières, on a un délai à respecter au niveau des travaux, ce qui fait que parfois, on n’a pas eu le temps de chercher trop longtemps une solution alternative, ou d’attendre que se présente sur le marché de l’occasion l’objet précis dont on avait besoin. On a été victime de ce que j’appelle le syndrome de la tenue d’apparat en friperie : tu es invitée à un mariage, comme d’habitude, tu cherches une tenue juste quelques semaines avant, et tu espères trouver la perle rare en friperie. Tu as une chance sur 1000 de trouver la robe parfaite pour l’occasion, qui correspond à ce que tu avais en tête, à ta taille bien sûr. Donc malgré toutes tes bonnes intentions, tu finis par acheter une robe neuve (celle que tu avais déjà repérée en fait, et dont tu espérais trouver un équivalent d’occasion). Pour la slow déco comme la slow fashion, je constate qu’il faut du temps… Oui, je sais, c’est compris dans le nom…
  • Et enfin, c’est aussi dû au fait qu’on est sur un habitat atypique, avec ses contraintes propres : dimensions non standard, matériaux légers, milieu HYPER humide. C’est un peu comme si tu retapais une vieille voiture en te disant : « Le plastique c’est nul, je vais faire tout le tableau de bord en bois et le sol en carrelage. » Ta voiture sera plus saine, peut-être plus jolie (quoique…), mais sûrement plus très efficace (et bonjour la consommation supplémentaire de carburant pour tracter tout ça !).

Bien sûr, ce n’est pas pour autant qu’on regrette notre choix, au contraire. On a simplement dû adapter notre projet à cet « habitat » spécifique, l’inverse étant impossible. Mais à choisir, on préfère ça que de partir de zéro pour construire un habitat de A à Z, car on aime bien l’idée de ne pas fabriquer du neuf (et implanter un bâtiment sur un terrain vierge) alors qu’il existe déjà un logement qui nous correspond.

 


POUR FINIR

J’ajouterai bientôt des photos du résultat quand tout sera fini !

En attendant, tu peux suivre les aventures du bateau sur Instagram (oui, notre bateau a son propre compte Insta… #inlovewithmyboat)

Et toi ? Quel type d’habitat te correspond ? As-tu eu des travaux à y faire, et t’es-tu posé le même type de questions ? N’hésite pas à me partager ton expérience en commentaire !

2 commentaires

  1. Liane, merci pour cette histoire détaillée de votre rénovation d’un atypique lieu d’habitation, J’ADORE ! Et le résultat est super chouette (j’ai aussi lu « S’alléger pour mieux avancer » qui me parle tout autant ! Je vous souhaite une belle vie dans cette maison magique !

    1. Bonjour Nina, merci pour ton commentaire ! Et pour ton site qui regorge d’infos super et m’a beaucoup servi quand j’ai commencé à m’interroger sur la slow déco et l’eco construction. Belle journée !!!

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