Esprit ZD

La boutique en ligne qui te facilite le zéro déchet

Aujourd’hui je vais t’avouer un truc pas facile. Parfois, vivre en mode zéro déchet, c’est dur. Et même carrément galère. Je me souviens d’avoir cherché des brosses à dents en bambou dans tout Bordeaux, à l’époque où on n’en trouvait pas partout comme maintenant, pour finir par les acheter sur un gros site sur Internet.

Et là tu vois, quand moi je lâche l’affaire et vais acheter ma brosse à dents en bambou écologique sur un site pas très éthique dont je tairai le nom mais tu sais bien duquel je parle, il y a à l’opposé des gens qui ne se satisfont pas de la situation, et qui décident d’y remédier.

C’est le cas par exemple d’Amandine, qui en plus n’habite pas sur Bordeaux centre, ce qui lui complique encore la situation.

Amandine galérait donc largement autant que moi dans sa quête de produits d’hygiène ZD, sauf qu’elle, elle a décidé de créer sa propre plateforme pour proposer tous ces produits à la vente et ne plus jamais chercher où les trouver. Des produits écolos et éthiques vendus sur une plateforme éthique, en somme.

C’est comme ça que la boutique en ligne Esprit ZD est née. Juste après la naissance de sa fille d’ailleurs, ce qui n’est sûrement pas un hasard.

Sur sa boutique, tu retrouves les produits hygiène et beauté qu’elle avait du mal à trouver avant (pour homme comme pour femme), ainsi que toute une section pour bébés et enfants, et des produits pour la maison.

 

Je l’ai rencontrée le mois dernier, pour discuter de sa démarche et de sa façon de sélectionner ses produits, et pour lui demander plus de détails sur les produits zéro déchet qui ont le vent en poupe. Et oui, même dans un mode de consommation alternatif, il y a des tendances ! Mais au-delà, tu vas voir qu’on se rend très vite compte qu’on est très loin du greenwashing, et que les produits zéro déchet correspondent vraiment à une démarche tout aussi éthique qu’écologique.

Entretien.

 

Lilou : Comment a commencé le projet de ta boutique en ligne ?

Amandine :  Au départ, j’étais partie sur l’idée d’une boutique physique, et au fil des rencontres, on m’a conseillé de commencer par une boutique en ligne. C’est beaucoup moins de contraintes, de temps et d’investissement initial, et en tant que jeune maman, c’est beaucoup plus simple à gérer.

 

L : La boutique ne te complique pas la logistique ? Comment gères-tu les envois tout en restant dans une démarche zéro déchet ?

A : Pour les commandes à l’échelle nationale, j’utilise du carton de seconde main pour les colis, et pour caler les produits aussi. Je livre à la Poste à pied ou à vélo. Pour les commandes sur Bordeaux, je fais de la remise en mains propres, ici encore à pied ou à vélo.

 

L : Est-ce que tu as complètement mis de côté l’idée d’une boutique physique ?

A : Au delà d’une boutique, j’aimerais surtout créer un écolieu orienté sur le zéro déchet, qui réunirait plusieurs acteurs. C’est un projet que je développe peu à peu, mais ce n’est pas la priorité pour le moment.

 

L : Tu peux nous parler de la démarche globale d’Esprit ZD ?

A : Je propose tout ce qui est solutions durables, réutilisables ou biodégradables sur des produits hygiène et beauté, puériculture, entretien de la maison, ou objets nomades comme les gourdes.

Je ne travaille qu’avec des ingrédients naturels, bio, idéalement avec des fabricants locaux. S’il n’y a pas de solution locale, je pars sur des fournisseurs nationaux. Je n’ai aucun fournisseur non français, même si certains proposent des produits fabriqués en Chine, notamment pour les gourdes ou les pailles en inox, parce qu’il n’y a pas ou presque de fabricants en Europe, en tout cas pas à des prix abordables à mon sens. Je pense qu’une gourde à 70€, c’est trop cher pour quelqu’un qui veut commencer à s’équiper en objets zéro déchet. Et les acteurs avec lesquels je travaille sont engagés dans une démarche éthique et attentifs aux conditions de travail des salariés en Chine.

 

L : Quel est ton produit phare sur la boutique ?

A : Les gourdes justement, tout comme les pailles en inox. C’est sûrement dû à l’évolution de la réglementation, les gens y sont sensibilisés. Et puis la gourde, c’est un geste assez facile à mettre en place au quotidien ; les gens utilisent souvent chez eux des bouteilles réutilisables en verre plutôt qu’en plastique, ou des carafes. La transition pour du réutilisable y compris à l’extérieur de chez soi se fait assez naturellement.

En cosmétique, les shampoings solides commencent à se démocratiser. Avant, on était confronté à pas mal de préjugés, d’idées reçues, mais à présent les gens sont plus ouverts. Les brosses à dents en bioplastique fonctionnent très bien aussi.

 

L :  J’ai d’ailleurs une question à ce sujet. En tant que consommatrice, j’achète des brosses à dents en bambou aux poils en bioplastiques dits « biodégradables ». Mais je n’ai pas trop confiance dans ces nouvelles matières, du coup, si je mets bien le manche en bambou au compost, je n’ose pas y mettre les poils de la brosse. Est-ce qu’ils sont vraiment compostables ?

A : Oui, sans souci. Ce n’était pas le cas auparavant, mais maintenant, les poils sont fabriqués en nylon de type IV, qui est 100% biodégradable, même s’il met un peu plus de temps que le reste de ton compost à se décomposer.

 

L : Parlons un peu de tes clients. Les personnes qui commandent sur ta boutique ont quel profil ? Est-ce que ça correspond à ce que tu avais en tête au départ ?

A : J’ai beaucoup de novices en zéro déchet, alors que je pensais surtout toucher un public déjà « converti », qui connaît bien les produits. Je pense que j’ai 40% de personnes déjà engagées dans le ZD, et 60% qui découvrent la démarche et sont dans les premiers pas. C’est génial et hyper enthousiasmant de voir que de plus en plus de gens prennent conscience de toutes ces questions, et sont prêts à changer leur mode de consommation.

Globalement, ma clientèle est plutôt féminine, entre 35 et 45 ans. Mais j’ai aussi eu la surprise de voir que pour la gamme enfant, il y a beaucoup de personnes plus âgées qui viennent faire des achats, destinés à leurs petits enfants. Ce sont des gens qui prennent en compte les demandes de leurs propres enfants nouvellement parents. En venant pour un produit spécifique, ils découvrent toute une gamme qu’ils ne connaissent pas et ont souvent la curiosité de regarder les autres produits. Je trouve ça très encourageant.

 

L : En parlant de tes gammes de produits, comment sélectionnes-tu un article plutôt qu’un autre ?

A : Tout d’abord, je fais une recherche de fournisseur, puis je les contacte et on échange sur leur démarche et leur procédé de fabrication, parce que je veux vraiment qu’il y ait une entièreté écologique, pas seulement un produit qui soit écologique mais où l’attention sur ce qui se passe en amont ou en aval ne serait pas maximale. C’est un premier critère, qui réduit déjà pas mal le choix.

Ensuite, je commande les produits, qui sont testés par moi ou mon entourage. Je ne mets en vente sur le site que les produits qui ont été validés.

 

L : Est-ce que tu as pour objectif d’avoir l’offre la plus large possible, ou au contraire d’avoir une sélection ultra ciblée ?

A : J’ai envie d’offrir une diversité, pour que les gens aient un certain choix, mais comme je veux rester dans des valeurs très précises, il faut bien dire que le panel n’est pas très large. Mais je suis sure que l’offre que je propose correspond à 100% à la démarche zéro déchet.

Malgré tout, il faut que les produits restent à un coût abordable, notamment parce que le passage au ZD demande déjà un certain investissement pour s’équiper. C’est pour ça que pour certains fournisseurs, comme l’exemple de la gourde dont je te parlais tout à l’heure, je n’ai pas d’offre locale, même si je pourrais en proposer une.

Mais les prix seraient trop élevés, alors qu’en m’adressant à des marques non locales mais néanmoins françaises, comme Lamazuna, Les Tendances d’Emma ou Pachamamai, je peux proposer des produits à prix raisonnables, dus au fait qu’ils produisent en plus gros volume.

Ces acteurs nationaux ont aussi une vraie démarche, comme Les Tendances d’Emma qui travaille avec des personnes en milieu pénitentiaire. Par exemple, en ce moment (l’entretien s’est déroulé début mars, NDA), on n’est pas livrés, parce que l’équipe change, certains sortent du système pénitentiaire, donc on attend, et c’est très bien comme ça, c’est un vrai choix humain.

Je ne suis pas sur des produits alimentaires, mais sur des produits sur lesquels on anticipe plus l’achat, donc ce n’est pas très grave si je n’ai pas d’offre pendant quelques temps, si c’est motivé par une vraie raison éthique et humaine.

 

L : Pour l’instant, tu es revendeuse, est-ce que tu aurais envie de développer un jour ton propre produit ?

A : Oui j’aimerais bien, la savonnerie par exemple, mais l’investissement est assez important et il faut une validation. Pour l’instant, je propose des ateliers où j’apprends aux participants à fabriquer leurs propres savons ou autres produits, et ça me suffit. Je réfléchis aussi à des objets en bois ou en tissu, mais ce n’est vraiment pas la priorité, je suis déjà bien occupée !

 

L : La boutique t’occupe à plein temps ? Comment gères-tu cela avec tes autres projets, notamment ton engagement dans le bureau de l’asso Zéro Waste Bordeaux ?

A : Oui, la boutique me prend même plus que 100% de mon temps ! Je suis pour le moment toute seule, mais je pense de plus en plus à déléguer, notamment pour pouvoir développer les ateliers ZD, que je souhaiterais orienter non seulement vers les particuliers mais aussi les entreprises, pour les accompagner dans leur démarche ZD.

Concernant Zéro Waste Bordeaux, on a eu pas mal de boulot ces derniers temps, certaines personnes ont quitté la région donc le bureau était en pleine restructuration, mais ça va se calmer un peu. On fête le premier anniversaire de l’asso ce mois-ci, on est très contents du parcours !

 

L : Bravo ! On reparlera d’ailleurs de Zéro Waste Bordeaux très bientôt !

 


POUR FINIR

Rendez-vous sur la boutique d’Amandine, si toi aussi tu es enthousiasmé.e par l’attention extrême qu’elle porte pour sélectionner ses produits, et que comme moi, tu te dis « Chic ! Elle m’a mâché tout le travail, je n’ai plus qu’à aller chercher les yeux fermés ce dont j’ai besoin ».

Comment ça, j’en oublie un peu que le consommateur doit rester un consommaCteur ? Bon j’avoue, peut-être, mais quand tu passes ton temps à lire trois fois les étiquettes et à vérifier tout ce que tu achètes, c’est agréable de se dire que parfois, on peut se reposer sur quelqu’un, non ???

 

 

 

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