Ecologie : faut-il s’informer tous les jours ?

Surdose d’informations et eco-anxiété

La semaine dernière, pour lutter contre le dégueulis ambiant qui s’abat sur Greta Thunberg comme un tsunami sur un grain de riz, je t’ai proposé 5 sources d’infos qui mettent l’écologie et la planète à l’honneur. Bref, des infos comme on aimerait en entendre ou en voir plus souvent.

Mais quels que soient le media et le parti-pris de celui-ci, les infos sur la planète, si elles sont nécessaires, sont assez difficiles à entendre.


Écouter des infos sur la planète tous les jours ?

Avant le lancement de l’émission La Terre au Carré, je m’étais fait le vœux pieux d’écouter le programme tous les jours. Mais au final, même si l’émission est super et qu’on y apprend plein de choses, je dois dire que je ne l’écoute pas systématiquement.

Pourquoi ? Franchement, parce que c’est lourd. Tout comme je n’écoute pas les infos générales tous les jours, j’ai du mal à entendre de façon quotidienne à quel point le monde va mal.

Pourtant l’émission se veut globalement positive. Mais présenter des solutions positives met quand même en avant le fait qu’il y a un problème à la base.

Bien sûr, il n’est plus temps de faire l’autruche, et des émissions telles que celle-ci sont salutaires et indispensables. Mais quand on se sent déjà concerné.e par l’écologie, l’émission vient se rajouter à plein d’autres canaux d’infos et de partage d’idées, et à tous les « petits gestes » qu’on fait au quotidien en pensant à la planète.

Et ça fait beaucoup. Je choisis donc de ne l’écouter qu’occasionnellement, souvent en podcast, en choisissant le sujet qui me parle le plus, tout comme les autres sources d’infos dont je te parlais la semaine dernière. Tout est question de posologie 😉

Quant aux grands médias à la fois hyper anxiogènes et complètement aveugles (oui tu sais, ceux qui critiquent autant qu’ils peuvent une jeune fille de 16 ans parce qu’elle les confronte à une réalité qu’ils ne veulent pas voir), j’essaie de les éviter autant que possible.


Sortir de l’anxiété, pour aller où ?

Malgré ces précautions d’usage, il faut dire que depuis quelques mois, ma fibre positive qui croit dur comme fer à la philosophie des colibris et des petits pas (« si chacun fait sa part, on arrivera à faire bouger les choses » ) est mise à mal. Les théories de l’effondrement de la civilisation font leur chemin dans ma tête, et je crois de plus en plus que tout ce que je fais ne sert à rien, en tout cas pas à grand-chose.

Quand tu as l’impression de faire le grand écart permanent entre les théories de la transition et de l’effondrement…

Ça ne m’empêche pas de continuer à vivre en faisant attention au zéro déchet, à mes déplacements et à toutes ces petites choses dont je te parle sur ce blog, car oui, réduire son propre impact sur la planète et si possible, donner l’exemple (même si je ne suis pas exemplaire pour autant), c’est bien. Mais je me dis souvent que ça ne suffira pas.

Et l’angoisse m’étreint alors.

On fait quoi quand on est déjà au max de ce qu’on peut donner et que ça ne suffit pas ?


L’impasse ?

Je n’ai pas de solution. Je crois de plus en plus à la nécessité d’une révolution, forcément violente, de tout notre système, pour arriver à changer les choses. Mais honnêtement, j’ai peur de la vivre. Dans un pays où les générations privilégiées actuelles n’ont connu que l’abondance et la paix, comment accepter l’idée qu’une telle violence puisse être nécessaire ? Comment peut-on l’espérer ? 

Moi qui suis pourtant une pacifiste convaincue, j’en arrive à penser la révolution comme seul remède.

Et ce conflit intérieur m’empêche d’avancer. Je fais mes petits gestes de meuf écolo, je suis toute fière de ramasser mes déchets pendant mon jogging, mais je ne manifeste pas. Je justifie mon manque d’engagement – mon inaction – par toutes les petites actions quotidiennes que je fais et qui pourtant je sais ne sont pas suffisantes.

Paradoxe.


Éviter le conflit interne

En attendant, parce qu’on ne peut pas vivre et avancer dans cet état d’esprit, j’ai décidé d’être plus égoïste.

De me recentrer sur moi.

Puisque je ne peux pas changer les choses à grande échelle, je continue, comme je le fais depuis 5 ans, de me changer moi. Et en ce moment, la méditation notamment m’apporte beaucoup, pour calmer tout ce bruit aussi bien ambiant qu’intérieur.

Est-ce que toi aussi tu as déjà pensé que c’est vertueux d’être égoïste ? Si on est vraiment égoïste, et qu’on veut prendre soin de soi avant tout, on est obligé de faire des actions à faible impact : manger sainement, bouger, vivre dans un environnement sain et esthétique, être généreux et civil pour être fier de soi.

C’est ce que j’appelle « l’écologie personnelle ».

Et si dans ce processus, quelque chose de bon pour la planète et mon entourage ressort, tant mieux. Mais je n’ai plus la prétention de croire que je peux changer le monde. Ca m’attriste et ça m’apaise à la fois.

Étrange, non ?


POUR FINIR

Et toi, comment te sens-tu face à cette vague d’informations qui vient s’opposer au fait que rien ne change ? Comment gères-tu le paradoxe ?

Partage-moi ton ressenti en commentaire !

Et pour rappel, si tu te sens vraiment trop anxieux.euse à cause du futur de la planète et de l’humanité, il existe des thérapeutes spécialisés à qui en parler.

Tu peux aller lire mon interview de l’écothérapeute Marie-José Sibille pour plus d’infos. Et je t’invite aussi à aller lire l’article sensible et très pertinent d’Anaelle sur La Révolution des Tortues : « J’ai vu un psy pendant des années (et c’était génial) ».

4 commentaires

  1. Arf ! Tu sais à quel point ça me parle !
    Clairement, je n’écoute quasi-plus les infos, ça me plombe trop. Et je me dit que ce n’est pas en étant plombée que ça va améliorer les choses (pour le monde, pour moi… et pour mes potes et ma famille ^^). Je me préserve, je suis de moins en moins les mouvements Collapso aussi, j’essaie de prendre soin de mon écologie intérieure autant que je peux au quotidien… et je continue d’agir et de préparer la suite (avec notamment l’achat d’un terrain à plusieurs pour y construire notre maison de manière autonome et résiliente, à suivre…).
    Prends soin de toi, des bisous !

    1. Hello Lidy, oui j’ai hâte que tu me racontes les avancées de ton projet de maison autonome !! Sinon, tu as trouvé le juste mot : se préserver. Je pense qu’il n’y a pas trop d’autres solutions au milieu de tout ce chaos. Des bisettes !

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