Couche lavable VS couche jetable

Décodage avec HiPopo

 

Cette semaine, je vais papoter avec toi d’un sujet zéro déchet que je n’ai encore jamais abordé sur le blog : la couche lavable. Bon, il faut dire que n’ayant pas d’enfant, et étant encore trop jeune pour en utiliser personnellement, je ne pourrai pas te parler de mon expérience sur ce sujet.

Mais je suis régulièrement confrontée à la question, quand on parle de zéro déchet en soirée. Les partisans se retrouvent confrontés aux sarcasmes des pro-Pampers d’un côté, et de l’autre, au nombre encore faible d’acteurs sérieux et accessibles dans ce domaine.

C’est vrai ça, tes couches lavables, tu les trouves où ? On connaît tous.toutes des marques de couches jetables, mais est-ce que tu peux me citer, là, comme ça, une seule marque de couches lavables ? Tu sais en quoi elles sont faites ? En qui avoir confiance ? Comment les laver ? Combien il en faudra pour tourner facilement et ne pas être à court ? Combien il va falloir investir au départ ? Est-ce qu’elles résistent bien au lavage ? Est-ce qu’on peut aller à la mer ou à la piscine avec ?

Voilà. Ca y est. La crise d’angoisse n’est pas loin. En plus, on parle de produits qu’on va poser sur les fesses de tes bambins, raison de plus pour être inquiet.ète.

 

Pour ne pas te laisser dans la panique la plus totale et parce que je suis vraiment une fille sympa, je suis allée mener l’enquête auprès de Carine et Sylvain, créateurs de HiPopo, un service de vente, location et lavage de couches lavables à Bordeaux, la première entreprise du genre à s’être créée dans la région.

 

Carine est arrivée de Brive à Bordeaux en 2018, alors qu’elle était maman depuis quelques mois à peine. Son envie de pouvoir s’occuper de sa fille, alliée à son expérience passée d’employée familiale, lui ont donné l’envie de se lancer dans la création d’une entreprise autour de la puériculture. Sa fille était en couches lavables, et heureux hasard, la fille de sa conseillère Pôle Emploi aussi ! Elle n’a donc pas eu de mal à être accompagnée pour développer son projet.

Alors qu’elle venait de terminer son étude de marché, elle rencontre Sylvain, lui aussi porteur d’un projet similaire, à savoir la création d’une branche bordelaise pour une entreprise parisienne spécialisée en location de couches.

Finalement, après s’être trouvé pas mal de points communs, notamment une passion commune pour le Miracle Morning (je te parle de cette pratique matinale dans cet article), ils ont décidé de construire le projet ensemble, indépendamment de l’entreprise parisienne, notamment pour pouvoir mieux développer le concept de location et lavage des couches, et pas seulement la location simple.

Sylvain, développeur web, a apporté son expertise pour construire le site de HiPopo.

Avec eux, on attaque les 3 préjugés principaux qui font la vie dure à la couche lavable.

 


PRÉJUGÉ #1 : c’est trop cher

 

C’est sûr, on ne va pas mentir, acheter des couches lavables demande un investissement de base qui n’est pas négligeable.

On compte qu’il faut environ une vingtaine de couches lavables par enfant, jusqu’à sa propreté, ce qui représente 450 à 650 €, selon les marques et les modèles. Quand tu viens d’acheter une chambre complète, une poussette-landau-couffin-siège-auto-grille-pain et que sais-je encore (je t’ai dit, je n’ai pas d’enfants), c’est sûr que lâcher encore environ 500 balles, c’est beaucoup.

Mais sur la durée où ton enfant sera en couches, tu dépenseras 1000 à 2400€ en couches jetables, selon que tu prends la boîte tout en bas du rayon ou la belle boîte P…..S qui laisse les fesses de bébé toutes douces (soit-disant).

Et je ne te parle même pas (si en fait, je vais t’en parler) de la différence de coût pour la planète ! Tu changeras la couche de ton bébé plus de 4500 fois au total, autrement dit 4500 couches utilisées (et jetées), contre une vingtaine en couches lavables. 

Carine m’annonce des chiffres qui font froid dans le dos :

« 4500 couches, c’est une tonne de déchets non recyclables,
qui mettra 500 ans à se décomposer en décharge.
Au passage, c’est aussi 4 arbres abattus, et 26000 litres d’eau. »

Si le calcul écologique et même financier est vite fait et penche sans aucun doute du côté des couches lavables, l’investissement initial peut rester une pilule difficile à faire passer.

C’est pour ça qu’HiPopo par exemple propose aussi une autre option : la location de couches lavables.

Avec des forfaits à partir de 16€ par mois, le coût reste moins cher que les couches jetables, sans que tu aies à faire un gros effort pour t’équiper au départ. Et tu ne te retrouves pas avec une vingtaine de couches sur les bras quand ton enfant est (enfin !) propre.

Pour adoucir encore plus les tarifs, tu peux acheter ou louer plus d’absorbants (le linge qu’on glisse dans la couche) que de couches, ce qui te permet de ne changer que le linge et pas la couche complète quand tu n’es face qu’à la petite commission (pour la grosse, on arrête les économies de bout de ficelle hein, on change tout !)

 


PRÉJUGÉ #2 : c’est moins performant que les couches jetables

 

Là il faut dire que 30 ans de matraquage publicitaire, ça laisse des traces. Comment croire que ces petits bouts de tissu que sont les couches lavables sont plus efficaces que la haute technologie injectée à grands coups de R&D dans la P…..S précitée ? Sinon à quoi ça sert d’avoir inventé toutes ces attaches extensibles, ces microperles absorbantes et, encore plus beau, la « technologie Canaux d’air » (sans déconner) ?

Et ben visiblement, ça sert à… les rendre « douces comme du coton ». Si si, c’est marqué noir sur blanc (enfin, blanc sur bleu, c’est plus doux et rassurant).

On te vend de la haute technologie toute chimique pour reproduire l’effet d’un vrai tissu.

Franchement, va plutôt acheter des couches en tissu.

La plupart des couches lavables, comme celles que HiPopo a choisies, sont en microfibre certifiée Oeko-Tex 100 classe 1 (couches de la marque Hamac) ou en coton bio, et sont sans produits chimiques ni perturbateurs endocriniens.

Comme c’est du tissu, la peau de bébé respire mieux que dans une couche jetable, trop hermétique et qui favorise les irritations de type érythème fessier.

Elles sont donc beaucoup plus confortables, et leur souplesse naturelle suit beaucoup mieux les formes et les mouvements du bébé. Il n’y a pas plus « d’accidents » qu’avec les couches jetables, loin de là !

Et pour finir, en terme de look, ça n’a rien à voir non plus (et même les super motifs animaux de P…..S n’y pourront rien).


PRÉJUGÉ #3 : c’est trop galère à laver.

 

Sur ce point, il est évident que les couches lavables demandent plus de logistique que les couches jetables. Il faut entreposer les couches entre deux lavages dans une poubelle bien hermétique pour éviter les odeurs, et faire des lavages très réguliers (malgré ça, les couches lavables utilisent 50% moins d’eau que les jetables !)

Heureusement, si cet aspect te semble trop contraignant, de plus en plus d’entreprises, comme HiPopo sur Bordeaux, te proposent un service de lavage.

La location avec option lavage revient à un coût équivalent aux couches jetables, et ça te facilite pas mal les choses.

L’offre est prévue pour d’adapter aux besoins (sans mauvais jeu de mots), et tu peux choisir un forfait en fonction du nombre de couches à laver.

Ensuite, chaque semaine, il suffit de leur indiquer le nombre de couches à livrer par texto (en attendant la future application mobile) le matin ou la veille de la livraison.

Le service de location-lavage se fait à vélo, histoire de rester logique dans le concept écolo.

 


Le bilan : et paf, les préjugés !

 

Trop chères ? Pas performantes ? Pas pratiques ? Il est temps d’oublier nos vieilles idées reçues.

Au final, les couches lavables d’aujourd’hui sont bien plus intéressantes que les jetables. D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas. HiPopo existe depuis octobre 2018, et après un peu plus de 6 mois d’existence, Carine et Sylvain sont hyper satisfaits de leurs résultats. Ils ont trois fois plus de clients que ce qu’ils attendaient, ce qui leur permet d’être déjà en train de réfléchir à de nouvelles offres pour s’adapter encore plus à toutes les bourses et toutes les situations.

Par exemple, HiPopo est présent dans les conciergeries d’entreprise de Bordeaux Métropole, La Poste et la CARSAT, et à terme, ils envisagent de pouvoir se développer sur la Nouvelle-Aquitaine, voire toute la France.

Pour diffuser le concept et promouvoir la couche jetable au plus grand nombre, ils animent également des ateliers de sensibilisation en entreprise ou à la Maison Ecocitoyenne de Bordeaux.

C’est sûr que ça serait top de voir plus de concepts du genre se développer. A Bordeaux ou dans d’autres grandes villes, le marché de la couche lavable se développe bien, notamment grâce à des initiatives comme celle d’HiPopo qui simplifient nettement leur utilisation ; mais dans les plus petites villes ou en milieu rural, il n’existe bien souvent pas encore d’entreprises de ce type.

 


POUR FINIR

Merci à Carine d’avoir répondu à mes questions pour cet article. Retrouvez toutes les infos sur la couche lavable sur le site de HiPopo !

J’ai eu le plaisir de collaborer avec Carine et Sylvain l’année dernière pour créer leur identité visuelle (logo, bannière web et vidéo animée), et j’ai été vraiment emballée par leur projet et leur concept. J’espère que cet article t’aura convaincu.e toi aussi !

Et toi, quel choix as-tu fait pour accompagner ton enfant vers la propreté ? N’hésite pas à partager ton expérience de parent en commentaire !

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