1001 façons de ramasser des déchets

Trash is the new sexy

Aujourd’hui 21 septembre, c’est le World Clean Up Day. Une journée mondiale de ramassage des déchets sauvages, dont je te parlais déjà l’année dernière dans cet article.

Une journée par an pour sensibiliser au problème des déchets, c’est bien. Mais si on attend ce jour spécial pour ramasser les déchets que l’on croise, et qu’on ferme les yeux le reste du temps, ça ne fera pas avancer le schmilblik… déjà que même en ramassant des déchets régulièrement, je ne suis pas sure que ce soit hyper efficace, vu que quand j’en ramasse un, des milliers sont abandonnés dans la nature au même moment.

En France, les décharges sauvages sont un vrai fléau, et on a tous.toutes en mémoire le maire de Signes qui a été tué cet été pour avoir essayé d’empêcher un dépôt sauvage de gravats.

Allez, ne nous démoralisons pas. Si tout le monde adoptait ce petit geste qu’est celui de ramasser des déchets, ça irait déjà vachement mieux.

Mais il faut dire que ce « petit geste » n’est pas très sexy. Ça ne donne pas envie à la foule en délire de s’y mettre. Même si on le fait en suivant la méthode « Bend and snap » de Ella Woods dans La Revanche d’une Blonde.

 

Du coup, on voit fleurir depuis quelques temps une foultitude de façons d’aller ramasser des déchets, pour se motiver et rendre l’activité plus agréable. 

 


En groupe

La méthode la plus connue consiste à rejoindre des groupes qui organisent des collectes à des endroits précis. Ça permet de décupler l’efficacité du ramassage et rester motivé.

C’est ce que fait l’asso du World Clean Up Day par exemple, sur le site de laquelle on peut créer ou rejoindre une collecte près de chez soi.

Il y a plein d’assos qui proposent ce format avec des campagnes de ramassage tout au long de l’année. Surfrider notamment est une des plus anciennes à avoir commencé à organiser des sessions de ramassage sur les plages, avec ses Initiatives Océanes.

 


En marchant

Bon, avec ça, je ne te réinvente pas l’eau tiède. Tu te balades, ou tu marches en ville pour aller à un RDV, et tu ramasses les déchets que tu trouves sur ton passage. La base, quoi.

Mais tu peux aussi le faire de manière plus systématique ou sportive : en prenant un sac à dos exprès avec toi, en randonnée en montagne, en faisant des squats à chaque fois que tu te baisses… L’idée est de rendre le geste ludique, et surtout, qu’il soit pensé et conscient, et pas fait juste par hasard une fois de temps en temps quand ton regard tombe sur un déchet.

Il faut dire qu’on est tellement entourés de déchets qu’on ne les voit même plus, surtout en ville. C’est quand on les cherche vraiment qu’on se rend compte qu’ils sont partout.

En particulier, les mégots de cigarettes font vraiment partie du décor urbain au point qu’on n’y prête plus attention. Mais depuis que j’en ai pris conscience, je les vois partout, et ils me rendent folle.

Au début, je voulais les ramasser, mais l’ampleur de la tâche est juste hallucinante. Revenir chez soi avec 5 canettes et 6 emballages plastiques à jeter, c’est plutôt simple. Mais revenir chez soi avec 25798 mégots, qui doit être à vue de nez le nombre de mégots qu’on doit croiser sur un trajet de 2km, c’est plus compliqué.

C’est sans doute cela le plus difficile à accepter quand on se lance dans le ramassage régulier des déchets : on ne peut juste pas tout ramasser. On est obligé d’en laisser sur le chemin. Il faut faire des choix. Et souvent, on est traversé par des émotions difficiles.

Non vraiment, ramasser des déchets, ce n’est pas une partie de plaisir, malgré la fierté ou le sentiment d’être utile qu’on peut éventuellement ressentir.

C’est pour ça que le coupler avec une autre activité permet de mieux faire passer la pilule.

 


En courant

C’est la façon de ramasser des déchets qui me convient le mieux.

Depuis 2016, le mouvement est venu de Suède sous le terme « plogging » (de plocka upp, ramasser en suédois, et jogging). En France, le mouvement est notamment soutenu par l’association Run Eco Team, née d’un groupe Facebook créé par Nicolas Lemonnier en 2016, et qui propose une application pour recenser les déchets collectés lors des runs.

C’est quoi l’intérêt ?

Bon ben déjà, vu que tu cours plus vite que tu ne marches (enfin sauf moi quand je me remets à courir après 3 mois d’arrêt et qui me fait doubler par des collégiens avec un cartable de 10kg), tu couvres un plus grand terrain plus rapidement, ce qui te permet de 1) ramasser plus de déchets dans le même laps de temps et 2) faire des sessions de ramassage plus courtes et tout aussi efficaces.

Ensuite, comme tu es concentré.e sur ta course, et pas seulement sur les déchets à ramasser, c’est meilleur pour le moral.

Et enfin, rien de mieux pour ta forme que d’associer course, squat ou fente selon ta façon de te baisser, et port d’objets (pas si lourds, mais quand même).

Je te ferai un article détaillé de mon expérience du plogging tout bientôt.

 


En l’associant à tout autre loisir

Enfin, si la course, ce n’est pas ton truc, tu peux l’associer à tout autre sport de loisir ou activité : vélo (et en plus, c’est le vélo qui porte les déchets), plongée, golf (pour enfin rendre ce sport plus écolo), randonnée à cheval (descends 45 fois de ton cheval pendant une randonnée, tes fesses vont adorer), ski de fond ou raquettes en hiver (Jeu : combien de déchets arriveras-tu à trouver sous la neige ?)

Bref, la liste est longue et c’est à toi d’être créatif.ive !

On peut aussi imaginer des choses marrantes pour petits et grands, comme une chasse au trésor où il faut ramener le plus de déchets.

Les variantes du ramassage de déchets sauvages sont donc multiples, mais il y a des choses qui ne varient pas.

 


S’équiper

Partir ramasser des déchets sans s’équiper ne te mènera pas très loin. Je te parle d’expérience. Ta volonté et tes deux mains ne suffisent pas face à la montagne de déchets que tu croiseras sur ton chemin. Et te traiter d’idiot.e pendant 3 km parce que tes bras sont déjà pleins, que tu ne croises pas de poubelle pour te délester de tes trouvailles, et que donc tu ne peux plus rien ramasser d’autre, n’aidera en rien à améliorer ton moral.

Donc la base de la base, c’est d’avoir au moins un sac avec toi. Sac plastique, sac poubelle, tote bag, petit sac à dos, à toi de voir.

Pour les fans de matériel spécialisé, on peut aussi s’équiper d’une pince à déchet (pratique en randonnée, nettement moins en courant).

 


Trier

Si tu n’es pas équipé d’un sac, tu risques de jeter le déchet ramassé dans la première poubelle publique venue. C’est toujours mieux que de le laisser par terre, mais ce n’est pas l’idéal car ça ne permet pas de faire le tri, que tu fais en vidant ton sac une fois rentré.e chez toi.

C’est hyper important de prendre un moment pour trier les déchets collectés, car j’ai constaté qu’il y en a une très grosse part (d’expérience, je dirais environ 30 à 50%) qui est recyclable : canettes de soda et bières, cartons de paquets de cigarettes, bouteilles plastiques…

A ce sujet, je dirais d’ailleurs que j’ai trouvé un autre avantage très net au mode de vie zéro déchet : le consommateur zéro déchet est bien plus propre. Ce n’est sûrement pas lui qui jette n’importe où ses paquets de bonbons et de barres énergétiques (il n’en achète pas) ou ses canettes de soda (il n’en boit pas).

 


Comptabiliser et témoigner

Là, c’est affaire de chacun. A la base, je ne ressens pas le besoin de prendre en photo ou de compter tous les déchets que je ramasse, et encore moins de poster ma « chasse aux trésors » sur les réseaux sociaux. En plus, sortir son téléphone d’une main pour prendre en photo le déchet que tu tiens de l’autre main, tout ça pendant que tu cours, c’est quand même pas évident.

Mais au-delà du côté « Regardez comme je suis une fille bien » que peut avoir le fait de partager publiquement son ramassage de déchets, il y a une vraie utilité : sensibiliser les autres en leur montrant la quantité incroyable de déchets jetés (car beaucoup n’en ont pas conscience).

Et au-delà, en recensant ses déchets auprès d’assos comme Surfrider et ses Initiatives Océanes, World Clean Up Day ou Run Eco Team, cela leur permet ensuite d’avoir des données précises qui leur permettent de faire du lobbying auprès de l’Europe ou de la France pour faire changer les choses.

L’interdiction des pailles et autres objets jetables en plastique a notamment été rendue possible grâce au recensement du type de déchets retrouvés sur les plages.

Alors oui, comptabiliser et témoigner, c’est important et ne répond pas seulement à un ego démesuré qui ne vit que grâce aux likes de ses réseaux.

Donc, je vais m’y mettre. Au moins essayer.

 

Et toi, comment fais-tu pour rendre la collecte de déchets sauvages plus agréable ?

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